où coule le sans mêlé de l’orage et des pierres
et sur les sentiers qui traversent le ciel
je sinue
entre les cimes et les ombres
et les sombres infimes

sur le chemin emprunté par le vent que je suis
il y a
des arbres sans nom et
sans vie
qui semblent encore
mourir
prosternés au dessus
de leurs feuilles brunies

il y a
plus loin le sable et l’odeur de la mer
le
pouich pouich
des vagues

(les cris des mouettes qui déchirent la bulle bleue
des plages
qui se ressemblent toutes)

je rêve alors que j’aime
que mon amour est celui de l’océan
et mes yeux fermés sur le ciel intérieur
sur l’abîme où
partout on entend siffler
un
wouuu
dans son mouvement infini
mes yeux alors
ont du bleu
la plénitude

quand le soleil implose
et que mon corps d’enfant libère enfin l’océan
– que tout redevient nuit dans le torse,
je me sens un peu comme
ces arbres sans nom
et sans vie

en me prosternant à l’intérieur,
en tordant le gouffre où dansent les ombres,
je prie pour pouvoir mourir encore.