Hiver, voici dans ton ventre
tout le blanc du ciel
qui s’effondre
immobile.

Le jour qui sinue entre les doigts
qui mord le nez mord les oreilles
a la maladresse du chiot
et la tendresse des choses lentes
et muettes.

Et la nuit, Hiver,
quelle ombre ne chérit pas ton silence ?
Tous les arbres se tendent vers toi
sublimes et mortels
comme si leurs branches étaient racines
et ton ciel était terre.

Toi qui nous offre la douceur
et l’amour des attentes
sans but et sans fin,
laisse-moi, Hiver,
aimer à mon tour
offrir à mon tour
le bonheur immaculé
de chacun de tes matins.