Avachi dans l’herbe, entre le silence de deux pâquerettes, j’ai vu le soleil somnoler dans un puits de lumière. Sans rien dire, l’herbe et le ciel se sont recouverts de paresse, et bien avant les dernières lueurs du crépuscule, tout semblait s’éteindre. Et tout semblait partir.
Il y avait pourtant quelque bruit qui persistait dans le vide, quelque grondement invisible. Il se déversait ici et là, fugitif, soupçonné. J’ai cherché, au profond de mon corps, tout petit, et tout frêle, un bout de ma voix, mais je n’ai trouvé, qu’un peut-être, agonisant.
Haletant de néant, j’ai étouffé, le peut-être, de mes mains. Et sans voix, et sans cri, j’ai fait tomber la nuit. Il y avait dans mes mains, dans mon corps tout petit, un grand grondement
invisible.