Dans chaque néant des jours en gris
il y a l’automne-vent
et l’automne-vide
et dans chaque instant des automnes
il y a
un néant qui meurt
et un néant qui naît.

Le cri glacé du vent
creuse dans ton visage
les caveaux du monde premier
où roule sur les parois
l’agonie d’un orage
au visage ravagé
par le vide.

Sur le tien,
accroché sur la branche
du ciel pleureur,
les feuilles mortes tapissent
le cimetière qui cerne ton regard –
éteint – d’où tombe
les êtres d’encre et d’insomnie
qui nous sont chers,
fuyant le grand trou noir
qui dévore chaque nuit
et chaque nuit dans le jour
chacune de tes racines
souterraines.

J’accroche au bout d’une corde
tes larmes obscures
fleurs de l’automne-vide
chevelure de tristesse
et d’amour
crinière tendre et
morte
qui protégera ton cœur béant
de l’hiver immobile.