La nuit bleue
dormait sur ta peau,
et toi, qui n’était que bleu,
tu dormais le monde entier dans ton corps –
l’été ton odeur ensommeillée,
ton repos semblant éternel,
le ciel ta voix, ton souffle
qui tombe et retombe doucement sur les draps – se pose,
l’herbe et la terre tes cheveux
cernant ton visage et l’étendue
du grand pays –
qui est le tien.

Quelle aube, et quel soleil
embrassera la nuit sur tes lèvres ?
Sera t-il plus doux et aimant
que son souvenir halogène ?

Tu dis oui
Et je pense :

« J’épouserai comme lui
les ivresses
de chacun de tes silences. »