Quelles lignes et quels mots seront ceux de l’amour,
ceux des multiples vides qui s’étendent dans l’air
et qui tracent ta présence dans l’espace infini où j’existe ?

De mon existence immense et terrible
où fantômes et nuages tissent d’un souffle invisible ma solitude,
tu te dresses, mur tout aussi immense et fragile,
dans un mouvement impalpable,
et tu crées l’horizon – et la limite
de mon être qui autrefois gisait
là où mon souffle, partout, repose,
et là où mes yeux – chevaucheurs des invisibles – traversent dans le souffle
toutes choses éphémères et indicibles
qui font la vie.

Quelle éternité pourtant contient les pierres légères de ton mur !
Tu ondules dans mon souffle
comme si le mur était de lierres,
et que je fus le vent, pudique et empli de ciel
qui, doucement, d’un mouvement lointain similaire à celui du soleil perpétuel,
m’inclinerais sur tes feuilles comme s’incline le soir,
et te rendrais grâce comme l’aube rend grâce à la nuit aimante
et mon amour serait celui des pierres et des lierres,
et toutes autres choses que ta métamorphe éternelle saura embrasser ;
j’aimerai sans relâche tous les gris, tous les verts,
toutes les couleurs que mes yeux sauront voir,
et qui sauront voir en elles
l’alcôve invisible où partout et toujours
tu demeures.