Il y a 
par ma fenêtre
un arbre semblant contenir
tout le ciel
tout le froid
toute la tristesse
en son écorce.
Personne 
ne connaît son nom.
Pour moi
il est un arbre 
par ma fenêtre.
Je ne veux pas l’appeler. 

dans le silence commun
et anonyme
il se contente d’être.
Quelque chose… – Rien
entre lui et moi. 
Tout le monde repose dans ce vide.

Je le quitte
sans adieu
je le quitte
comme on quitte un mort. 
Et tout le ciel
tout le froid
toute la tristesse
sur ma peau
porte encore la mémoire 
de son écorce.