Je ne sais plus
mêler mon souffle
au souvenir de tes gestes
ni tirer sur les cordes du bleu
qui sont ton visage.

Je ne sais plus
écrire ni les ombres
ni les espaces qui les séparent
de ton corps suspendu
à mes lèvres
violettes.

Je suis cette épave
rongée par les algues
qui demeure sans soleil
et sans soif
dans la nuit raide et bleue
que tu nommais tristesse.

Mon corps vide habitera
les mille voix et mille mots – les tiens
qui dévoreront de l’intérieur
le bois acouphène
et mort
qui me sert d’écorce.