Dans le jardin de ma grand-mère

Dans le jardin de ma grand-mère se trouve une femme
qui toujours penche la tête sur son regard triste
mais qui pourtant se dresse, comme un arbre dont le tronc
laisse surgir deux seins nus sur le mur de sa peau.
Un drap qui recouvre son sexe de bronze
écrase de tout son poids le désir
au creux de mes hanches.
La tiédeur de sa chair l’été
montait en moi pour se loger
au creux de ma poitrine. Petite
noisette d’extase.
À l’automne, à côté du vieux chêne,
une ombre ardente se maintenait
au dessus du métal froid –
enfant, je voulais être cette femme
qui figeait dans le jardin
sa solitude plus vaste que la terre.