Genji

Les chrysanthèmes soupirent devant Genji
qui marche seul sous la lune
rejoindre son aimée et son aimante.
Le vent fait rouler un poème
au creux de ses lèvres peintes
Genji marche seul et les iris
observent sa beauté clandestine
l’espace d’un instant ; à peine
un souffle d’érable termine son haïku
un mot comme une feuille en suspens
dans le parfum de Genji.
Genji ne se retourne pas
sur l’amour du monde
et la beauté incline sa silhouette
devant son regard qui chavire
les larmes de Genji porte les ombres sublimes
de ses yeux cernés ; Genji marche seul
il fuit la beauté comme il fuit l’amour
et c’est la tendresse qu’il cherche à jamais
dans les bras embaumés des princesses.
La lune reflète encore cette nuit
les perles humides aux manches de Genji.