Insomnie

La nuit je rêve – toute la nuit
qu’il me soit permis de rêver.
Un songe qui s’endort sur ma peau
gracie mon corps immobile
d’un sommeil aussi noir que mes cheveux
où je ne suis que moi.
À la fenêtre nulle trace de moi
ne vient perturber l’œil figé sur le mur.
Sur ma poitrine qu’un vent imaginaire
pénètre en sifflant comme l’hiver
s’ouvre et se referme un monde
qui meurt.
Le ciel tombe sans fin
dans le creux de mes mains –
moi, je dépose au matin
mes lèvres et mon visage
dans le creux de mes mains.