Kyrie Eleison

À la chorale quand j’étais enfant
on chantait Ky ri e – e le i son, ky
ri e – tous ensemble ; et nous élevions
une seule et même claire voix qui riait.
Les filles étaient amoureuses d’un garçon
qui avait une voix un peu grave – pour son âge
et qui était aussi mignon que maladroit ;
les autres garçons qui avaient la voix
aussi aiguë que les filles le narguaient
tout en étant jaloux. Au concert de Noël
je me suis glissée à côté de lui
tandis que la professeure faisait
les yeux ronds comme des billes
aux choristes du premier rang
tout en agitant ses bras calmement.
Il avait la voix qui tremblait comme
un caillou qui chute d’une montagne –
quand je lui ai pris la main dans la
mienne, on aurait cru entendre un ébou-
lement ; j’ai lâché sa main avec sur la bou-
che un sourire sur les yeux Ky ri e – e le
i son, Ky ri e sur nos paumes Ky ri e
et le chant de nos gorges rouges.