Le dimanche après-midi

Le dimanche après-midi, le
beau temps comme la pluie s’ennuient –
l’on peut voir leurs doigts indolents
éplucher le ciel d’à côté.
Le dimanche après-midi, je
soupèse mes mains paumes ouvertes
les heures de mon regard
coulent leur rivière ; je saisis d’un geste
les rayons suspendus sur mon livre
ouvert – et trempant le jour dans
le luisant et clair je m’invente
lavandière.
Le dimanche après-midi laisse
au repos le corps ferme de l’ennui.
Dans ma chambre auprès du lit
à cinq heures le dimanche après-midi
j’étale ma chair sur ses lèvres immobiles
et je lui fais l’amour sans rien dire.