Les amants

Les amants se pressent sur le pavé
et leurs pas s’accordent à dire tout bas
un sourire que l’on cache sous des lèvres closes.
Lui caresse déjà l’étoffe de son regard
il étend autour d’elle l’ombre de ses bras
et replie dans le même geste la silhouette du ciel
et tout semble s’incliner sur elle
en même temps que tout se déploie
et la nuit pour cet instant se laisse distraire.
Elle retenant sur sa bouche l’équilibre d’un mystère
étale ses yeux sur le lit de la terre
et caresse d’une main
le châle du désir
qui les recouvre tous deux.
La ville clot leur passage.
Il n’y a rien qui protège les solitaires
de l’oeil méchant de la lune.