Les yeux clos

Aujourd’hui je suis sereine
comme un ciel d’hiver, sans nuages,
sans vraiment rien de particulier
avec seulement ce léger froid suspendu
qui ne fait pas grand-chose.
Mais aujourd’hui, comme hier
et comme avant-hier, mon corps
est empli de tristesse – moi qui l’avait quittée
sans trop regarder derrière.
Je ne sais que trop bien la fatigue
et le poids de l’attente – mais
je ne sais à qui est cette fièvre
qui pèse sur mes jambes
et quelle mélancolie traîne
dans mes pas neufs dans mes bras chauds
dans mon front et dans ma tête ronde
où je suis partout l’étrangère.
Aujourd’hui encore
je suis légère comme un ciel d’hiver
orphelin – aujourd’hui
encore
mon corps est lourd, mais pèse chaque jour
de moins en moins sur la balance.
Aujourd’hui encore je me demande
quand tout cela prendra fin –
et je m’en retourne prendre soin
de ce lierre qui grandit en moi.