Lorsque je marche en ville

Lorsque je marche en ville
le son de mes pas n’appelle aucun souvenir.
Les arbres, sur le long des rues,
ne me disent jamais rien,
et les nuages qui les surplombent
ne prennent pas de forme à mes yeux
lorsque je marche en ville.
Les voitures me dépassent sur la route
et s’arrêtent quand je la traverse,
et les passants que je croise
n’ont pas de yeux pour moi ;
leurs visages disparaissent rapidement
derrière moi et meurent dans mon dos
sans laisser de traces.
Lorsque je marche en ville
je n’ai pas de pensée pour moi
car lorsque je marche en ville
rien ne m’arrache à ma première pensée
que je porte avec moi en marchant  
et qui est celle du fait que j’existe.