Mes poèmes

Mes poèmes s’amoncellent dans un tiroir
qui renferme un tourment, un ciel d’été,
et un noyau de pêche
sucé dans la bouche d’un après-midi.
Parfois je rêve que je m’y engouffre
comme le lièvre se réfugie dans le nid
d’une orbite embaumée de la vallée.
Une pâquerette se dénude sur son lit blanc et clair
pour peu de temps encore le couchant délicat
caresse l’orgueil du bouton jaune et dur
gauche et désolé comme un navire
embrassant la mer
et le soleil qui guide les amants
surveille d’un oeil d’azur
le balancement de la clarté
de leur ravissement.
Je ne sais quel réveil hante mes matins
qui sépare le ciel de sa joie solennelle
tandis que je regarde le jour battre son cœur
qui se brise lentement d’un chatoiement terrible.