Néantisations

J’ai déchiré mes poèmes en petits morceaux de vent comme l’on déchire le silence de mille murmures. Et mille murmures d’azur se sont éparpillés, emportant avec eux quelques nuages, quelques hortensias, et une infinité d’inachevé. Alors, j’ai écouté un instant l’écho du pollen en papier comme pour me souvenir qu’il n’y avait aucun son : mon cri était perdu, oublié dans les lointaines choses invisibles. Et là, l’univers entier a pénétré mon âme béante, le soleil et le ciel se tenaient enfin là, rugissants, écrasant ce qui restait des murmures d’antan.
Je meurs encore.