Sur un banc en pierre

Je me suis assise sur un banc en pierre
il pleuvait un peu ; c’était l’hiver
j’ai serré les genoux et replié mes épaules
la gare était presque vide ; le ciel grimaçait
j’ai attendu encore la jouissance
de mon corps glacé ; un océan qui me gravit
les jambes et qui m’emplit les hanches
me foudroie lentement ; et des lances
qui semblent danser dans mes poumons
et sur le bout de mes seins.
Je me suis assise sur un banc en pierre
il pleuvait un peu ; c’était l’hiver
qui soutenait dans l’air la souffrance
d’un tremblement ravi.