Deuxième élégie

[…] Vois, on ne vit que de peu de choses.
Une clarté suffit à l’abattement des heures.
Il semble étrange à celui qui se découvre ainsi
inconnu de lui-même, parmi les silences partagés
de tout ce qui demeure, de voir que sa solitude,
depuis longtemps fantasmée, ne lui est jamais acquise,
et que dans l’étroitesse familière de sa chambre,
que son souffle, lentement, semble emplir,
il ne soit jamais question de lui – seulement
cette clarté qu’il se contente d’occuper
sans rêve, sans chagrin, sans le seul ennui du sommeil –
il demeure jamais parmi ce qui toujours demeure.

Plus tard, il aura appris
qu’il n’y a rien à découvrir de plus grand 
et que le mystère qu’il cherchait au dehors
n’est rien d’autre que lui.

Une vieillesse incommensurable
s’abattra sur son cœur – il portera
jusqu’à l’aube l’humilité de sa tristesse.