La ville change, et ne change pas. La ville
Est une chambre qui se meut
Qu’on habite comme le regard
Habite au fond de nos yeux.
Il se pourrait, que la ville change,
Mais elle ne change pas, ou peut-être
Qu’hier, un homme, ou un enfant,
A déposé dans la rue que je traverse
Une tristesse étrangère au silence
Des arbres. Peut-être le mur en pierre
De cette maison près de chez moi
A-t-il été caressé par d’autres doigts
Qui passaient, contents de recevoir sa
Rugosité. Peut-être. La ville change,
Et ne change pas. Les choses restent
Dans le mouvement des existences
Immobiles. Lorsque je marche en ville –
La ville ne marche pas en moi, mais
À côté quelque part, comme Dieu marcherait
En nous ; lorsque je marche en ville
Dieu existe et n’existe pas, et n’enlève pas
Ma préoccupation première qui est
Que j’habite en moi-même, et
Que c’est ainsi que j’existe.
La ville change, et ne change pas.
Il en va de même pour mes poèmes.