Y aura-t-il pour de vrai un matin ?
A-t-elle demandé au Loriot
Y a-t-il ce qu’on appelle jour ? a-t-elle
demandé à l’Abeille, sans aucune
Réponse – autre – que le Bruissement
Du printemps – et l’Ennui qui
Craque sur un parquet
Sous les pas d’un enfant imagi-
Naire. Le soleil – levé – balance ses
Heures. Les nuages s’accrochent aux
Regards, et descendent, descendent,
Jusqu’à devenir cernes. L’herbe s’étend et côtoie
Le Ciel – Mimosa, Pâquerette, elle invoque
Tour à tour, toutes, toutes les fleurs,
Toutes les heures, au Laurier elle s’assied –
Toutes les, toutes les heures,
Elle passe, repasse, parmi tous les lieux
Du ciel sur le jardin, et se demande toujours
Où est le lieu nommé matin.

Y aura-il pour de vrai un matin ?
Emily passe, passe.
Elle fait le matin tout le matin
Sans le savoir
Dans ce lieu vaste et désert  –
Emily passe, passe,
Elle se demande…
Emily passe, passe.
Tout le matin.