Chaque jour je regarde le geste du jour
qui s’étend dans la chambre immobile
tout le jour. Tout le jour je regarde le jour
et son geste, tout le jour, qui s’étend
immobile dans la chambre. Chaque jour
je regarde le geste immobile du
jour qui s’étend. Tout le jour, je regarde
le jour qui n’a que le geste d’être ici
dans la chambre immobile tout le jour
je regarde le jour qui s’étend. Tout le
jour, je n’ai que le geste du jour, dans la
chambre immobile, qui s’étend qui s’é-
tend tout le jour. Tout le jour, le jour
me regarde, lentement tout le jour il me
regarde, le jour, et je sais alors
que son geste ne m’est pas adressé.
Tout le jour. Je regarde le geste du jour
dans la chambre, et le jour me regarde
faire le geste d’être ici tout le jour
et tout le jour je ne sais si le jour
accomplit réellement son geste
d’être ici, tout le jour je ne sais
si c’est le jour qui s’étend dans
la chambre tout le jour, ou si c’est
seulement mon geste d’être ici
qui s’étend dans la chambre tout
le jour. Tout le jour je ne sais si
le jour existe réellement tout le
jour je regarde son geste je regarde
mon geste tout le jour qui s’étend
jusqu’à ce qu’enfin tout le jour s’éteigne.
Chaque nuit je regarde le geste de la nuit.
Rien ne se passe. Toute la nuit
Je fais le geste de la nuit
en regrettant l’existence
du jour et de son geste
dans la chambre immo-
bile. Toute la nuit rien
ne se passe. Je ne sais
plus si j’existe.
Toute la nuit.