L’amour

Parfois j’ai envie d’être amoureuse,
simplement amoureuse, simplement
penser à l’amour lors d’un après-midi
et faire pendre sa respiration
au fil de la tendresse.
Habiter les ombres de la chambre
pour y ranger les vagues intimes
d’un regard plus large
que la douleur du bois
qui geint sa poutre et son toit.
Recueillir le silence sur les murs
et le porter comme une robe
portée depuis l’enfance, allongée
au fil du temps par la solitude
des absences, le porter
comme on porte notre odeur,
sur le tissu invisible, se frotter
les mains sur les seins, le ventre,
le sexe, les cuisses, se lover
dans un lit défait, la joue tout contre
un gros morceau de couette.
Parfois j’ai envie d’être amoureuse,
simplement amoureuse, mais je me dis alors
que l’amour d’un après-midi
est bien petit à côté de l’amour
que je porte chaque jour et chaque nuit
à cette Chose par la fenêtre qui vieillit
et balance ses heures tendrement
comme un écho d’amitié
au balancement de mon coeur
et de sa solitude.