Mutisme

Il m’arrive parfois de ne plus penser
pendant des jours et des jours
mon corps engourdi dans ma conscience
pèse tout son noir sous mes yeux
absents. La solitude
ne grandit pas en soi, mais
au dehors, confinée entre
les murs de la chambre,
rien ne se dépose en moi
ni paix ni douleur seulement
le silence qui tombe
de mon regard
sur mes che-
veux
noirs.
J’aimerais être seule
mais toujours je me rencontre
j’aimerais être triste
mais toujours je m’oublie
j’aimerais être absente
mais toujours je vis en moi-même
dépourvue de toutes mes Présences
nue comme une lumière par la fenêtre
qui s’étale. Il m’arrive parfois de ne plus écrire,
pendant des jours et des jours
car le néant qui m’éventre
pendant chacun de ces jours
ne laisse aucune cicatrice
sur la peau de mes souvenirs.