Quand je marche en ville

Quand je marche en ville, j’emporte
avec moi ma chambre bleue, sa fenêtre
ouverte sur mon regard. Rien ne perturbe
ma pensée allongée sur les draps dé-
faits ; les hurlements de voiture
se heurtent aux murs de ma chambre
les visages inconnus passent et s’oublient
dans le tiroir de mon bureau
les rues désertes se recroquevillent
et se posent sur ma bibliothèque.
Quand je marche en ville, je regarde
mon regard. Aucune pensée ne s’abandonne
à moi, ni les arbres ni les nuages, et les
crottes de chien, ne me font oublier
que j’existe, car quand je marche en ville
c’est en moi que je marche.