Quand j’écris

Quand j’écris j’assemble devant moi
des recueils que je connais par coeur
et je les feuillette, parcourant un à un
les poèmes sur leur pages déjà touchées
avec cette sensation de parcourir son corps
rapidement et sûrement, comme lorsque l’on marche
dans des rues qu’on habite en soi
dans le cheminement de nos pensées.
Je ne m’attarde pas sur les poèmes
car il me suffit d’un regard pour me rappeler
la disposition des vers sur la page blanche
et me rassurer de leur réalité, comme
le porte-bonheur dans la poche
conforte la main tremblante
de sa présence nue.
Quand j’ai envie d’écrire
je n’ai pas envie d’être seule
j’aime penser à ceux et celles
qui partagent l’instant de mon poème
et avoir ce sentiment doux
qu’iels aussi pensent à moi
à travers les siècles ou les continents.
Quand j’écris j’assemble devant moi
les solitudes de ces poètes et poétesses
dans une réunion d’âmes et de voix
que je préside d’une main tendre et
immense.