Je crois que j’ai peur de pénétrer M.
M. m’excite, mais ce que j’aime par dessus tout
c’est d’exciter M. Mon désir c’est d’aimer
donner de mon corps le désir de l’autre.
J’aime quand M. gémit, j’aime lécher sa vulve
faire le tour de son clitoris avec la langue, puis,
appuyer de gauche à droite, de haut en bas, sentir son corps
bouger, ses cuisses trembler, ses hanches hocher. Fourrer
un doigt, puis deux, parfois trois, les enfoncer en rythme
avec mes coups de langue, coincer son noyau dur
entre mes dents et ma langue, caresser, caresser
son corps, sa cuisse, ses seins, son ventre,
et pendant tout ce temps, bander comme un fou.
M. me masturbe en regardant ma bite, M. se frotte
contre moi, mais c’est quand M. m’embrasse
ou me caresse que mon désir naît ; je ressens
ce besoin de ne pas me sentir seul
quand je fais l’amour ; mon pénis
me semble appartenir à un autre corps
je regarde parfois M. qui regarde mon sexe
en le masturbant. Elle s’applique, méthodiquement.
Mon pénis ramollit mais reste assez raide
pour tenir debout dans sa main. Elle le sent,
arrête son geste, et m’embrasse. Je l’embrasse.
Je ne sais pas recevoir de l’amour, je ne sais
qu’en donner. Je crois que j’ai peur de pénétrer M.
mon pénis baisse sa tête dès que j’enfile une capote
et se redresse quand je l’enlève et que j’embrasse M.
pour lui dire, pas aujourd’hui non plus, on dirait, je ne
suis pas prêt, désolé. J’apprends à désirer l’autre
par le corps, je voudrais que M. me guide.
Je ne ressens ni honte ni mépris face
à mon impuissance et son aveu ; je
crois que j’ai peur de pénétrer M.
j’ai peur de mon pénis car je ne
le connais pas, j’ai peur de ne
pas savoir ce que je désire
ce que mon corps désire.
J’embrasse M. ; je lui fais
part de ma peur, je lui
dis : on apprendra
ensemble. Je me
sens bien. Mon
pénis et sa peur,
je les caresse,
doucement.
Tout ira
bien.
J’éjacule ma pudeur sur mon ventre.