je dors une chaleur dans le corps
qui n’est pas la mienne. un sommeil
bleu pose sa joue sur le tapis beige –
et semble ronronner, comme un chat
à mes côtés. un regard mi-clos et
sa respiration

                         sur la peau. poussière
aux galaxies vagabondes. repos muet
des livres, tient à distance les mains
sur l’écorce de leur mémoire d’arbre.
je dors une chaleur dans les poumons
le corps collé contre le mur. frisson
qui roule sur le dos, sur les jambes.
mon sommeil : une bactérie. le mur
qui se peint de ma chaleur, agonise
en silence. je dors, je dors lentement.
les meubles deviennent lourd. je dors
de tout mon poids. les sommeils
me regardent avec nostalgie, ou pitié,
je ne sais pas. je sens quelque chose
mourir tout près de moi – au loin –
je ne sais pas.

                         je dors une chaleur
dans le corps, qui se plie sur elle-
même comme une chambre tombe
son espace. contre moi, tout contre
moi, palpite une absence. je pense
à Dieu, puis je pense à l’enfer. je
me rends à cette évidence ; rien
ne me dort. au ciel l’unique som
meil brille son enfance. je dors
une chaleur dans le corps – un
été – du ciel l’unique sommeil
dort mon enfance.

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