je n’ai plus envie de parler de honte
et subir ma parole

la honte est une petite chose faible
je l’ai rouée de coups, je l’ai déchirée
j’ai hurlé ma rage et mon désespoir

la honte s’est recroquevillée
ses cachettes détruites de la chambre
il n’y avait rien d’autre que mon corps

mon corps
un corps que la honte n’a pas
mon corps ne s’est pas senti puissant
il ne s’est pas senti fort
mon corps n’a rien vaincu
sinon
son oubli

j’ai eu peur de ne pas trembler
ma faiblesse était stoïque
le marbre de mes bras
on meurt immobile

on ne meurt pas de nos faiblesses mais de notre force
car la honte c’est la force que l’on n’a pas
la honte cache les présences avec de sombres absences

mes bras de marbres sont forts
mon visage de statue se devine
mon corps est là avec toutes ses faiblesses interdites
mon corps est là

j’oppose la honte d’être faible
à la honte de me savoir faible
j’oppose à la chambre et au monde
mon corps
mon corps de statue
mon corps de statue détruite

et je n’affronte pas la froideur du ciel
ni la chaleur de la terre

il n’y a pas de statues ni de force
il n’y a que des débris
il faut les laisser
la destruction n’est pas l’envie de mourir  
mais peut-être
de débris en débris de soi
aspirer à la paix des cailloux

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