Je ne crois pas que la honte se « surmonte »
mais peut-être la « dépasse » t-on t-elle
dans une course qui n’en est pas vraiment
comme dans un cauchemar où l’on n’avance pas
un Sisyphe malheureux

mais il arrive qu’on se réveille
on va aux toilettes, on va boire de l’eau
et dans le noir, rentrant dans la chambre,
on court discrètement, on se faufile on esquive les ombres
et on se retrouve au lit
avec un grand sourire

de la même manière il y a des jours où
l’adrénaline d’une peur insignifiante
vient chasser la honte un moment
et le réconfort n’est pas vraiment la sécurité
mais la présence d’une menace planante
on se cache
dans une peur heureuse

je passe la plupart de mon temps à me cacher
le réconfort de la sécurité cédant à son confort
j’évite toutes les peurs imaginables – je les imagine nombreuses
je ne cours pas
je reste dans mon lit
mais

il y a des jours où j’ai peur
je sens mon cœur battre
je me rappelle que j’ai un corps
le danger comme un adversaire de longue date
depuis l’enfance

enfant tout est plus grand
et la honte n’est qu’un géant parmi d’autres

il y a des jours où j’ai peur
et je cours sans combat
comme un enfant la nuit
car la survie est une victoire
et la peur un courage

et l’enfance c’est la peur
c’est la peur et rien d’autre

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